Enquête publique ou passage en force ? par Bernard Genton, président de l’Union belliloise

À l’occasion de l’enquête publique consacrée au raccordement électrique des futurs parcs éoliens flottants de Bretagne Sud, Bernard Genton livre son analyse personnelle du projet, de son périmètre et des incertitudes qui demeurent.

Le raccordement dont il est question dans cette enquête publique n’existe qu’en fonction des parcs industriels d’éoliennes géantes qu’il est censé desservir : le parc « Bretagne Sud 1 », attribué à Pennavel, société de projet aujourd’hui portée par Elicio, BayWa r.e. et Q ENERGY, et le parc « Bretagne Sud 2 », actuellement soumis à l’appel d’offres AO10, dont le résultat ne sera connu que dans plusieurs mois.

L’enquête ne porte donc que sur une partie seulement d’un vaste projet industriel qui, s’il se réalise, comptera plusieurs dizaines de turbines, pour une puissance totale de 750 MW, dont une partie sera située à moins de 20 km des côtes de Belle-Ile-en-Mer.  Sans équivalent dans le monde, ce projet reste à l’heure actuelle fondé sur la technologie encore incertaine de l’éolien flottant, tandis que plusieurs choix importants restent à faire, notamment en ce qui concerne les flotteurs et les ancrages.

Si l’on peut dès à présent dresser la liste des effets désastreux qu’aurait la réalisation de ce projet – sur la biodiversité, les paysages, le micro-climat, les informations solidement étayées manquent au dossier, de même que les garanties sérieuses sur la recherche du « moindre impact », c’est-à-dire le preuves que  les solutions retenues sont les meilleures et les moins nuisibles pour l’environnement. En l’état, ce dossier ressemble à une fuite en avant irresponsable, dont les motivations paraissent largement idéologiques.

On note qu’un projet italien comparable (en taille et en puissance) au large du Cap Corse a fait l’objet d’une enquête publique organisée par le préfet de Haute-Corse : la commissaire enquêtrice vient d’émettre un avis défavorable, motivé entre autres par l’insuffisance des études d’impact produites et les risques considérables pour la biodiversité, notamment pour l’avifaune et les mammifères marins, sans parler des dangers évidents pour le trafic maritime.

Ainsi ce qui vaudrait en Corse disparaîtrait comme par miracle au large de Belle-Île ?

Avis résolument défavorable à ce projet de raccordement qui, comme celui les deux parcs industriels qu’il anticipe, doit être abandonné.

Bernard Genton

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Réunion d’information sur les éoliennes, St-Pierre-Quiberon, 15 septembre 2026