EOLIENNES FLOTTANTES
Les enjeux d'une implantation à 19 kilomètres de Belle-Île

La localisation des projets Bretagne Sud à proximité de Belle-Île constitue le point central des préoccupations de l'Union belliloise. Le premier parc, Bretagne Sud 1 (AO5), est prévu à environ 19 kilomètres des côtes de l'île ; le second, Bretagne Sud 2 (AO9), doit s'inscrire dans une zone contiguë.

L'Union belliloise considère que cette proximité doit conduire à examiner non seulement les effets propres à chacun des projets, mais aussi le changement d'échelle que représenterait la réalisation des deux parcs et leurs effets cumulés, sur le paysage comme sur les milieux marins et les usages de la mer.

Pour comprendre les projets et consulter les sources : notre dossier documentaire sur l'éolien en mer

AO5 — Le projet Pennavel

Située à environ 19 km au sud-ouest de Belle-Île, la zone retenue pour le premier parc éolien flottant de Bretagne Sud a fait l'objet de l'appel d'offres AO5. Le projet a été attribué en mai 2024 au consortium Pennavel.

Le projet Pennavel (Bretagne Sud 1) prévoit l’installation de 13 éoliennes flottantes, pour une puissance totale d'environ 250 MW. Les machines envisagées pourraient atteindre jusqu'à environ 380 mètres en bout de pale. À cette distance et compte tenu de leur hauteur, elles seront visibles depuis différents secteurs du littoral bellilois, notamment depuis la côte sauvage.

Le parc comprend également les systèmes d'ancrage et les câbles inter-éoliennes nécessaires à son fonctionnement. Son raccordement au réseau électrique, sous maîtrise d'ouvrage de RTE, constitue un projet associé faisant l'objet de ses propres procédures d'autorisation et d'évaluation environnementale.

Bretagne Sud 1 (AO5) : comprendre le projet et son évolution

AO9 — Une seconde zone en perspective

AO9 — Bretagne Sud 2 : un second parc au sud de Belle-Île

Le projet Bretagne Sud 2 (AO9) prévoit un second parc éolien flottant, contigu à la zone d'AO5. D'une puissance pouvant atteindre environ 500 MW, il conduirait à un changement d'échelle important de l'éolien flottant au sud de la Bretagne.

Pour Belle-Île, AO5 et AO9 ne peuvent donc être considérés isolément. Leur proximité géographique conduit notamment à examiner leurs effets cumulés, qu'il s'agisse du paysage, de la biodiversité marine, des usages de la mer ou des infrastructures nécessaires à leur fonctionnement et à leur raccordement.

L'évaluation de ces effets fait partie des enjeux de la procédure environnementale. Les connaissances disponibles ne permettent toutefois pas de conclure de la même manière pour tous les effets potentiels, certains étant mieux documentés que d'autres.

Bretagne Sud 2 : la procédure en cours
Ce que dit — et ne dit pas encore — la science

«  L'évidence première est que le paysage participe
au bien-être de l'homme
 »

Jean ANGUERA
(Académie des sciences, février 2022)

Les enjeux de l’implantation à 19 kilomètres

La localisation des projets Bretagne Sud à proximité de Belle-Île constitue le point central des préoccupations de l'Union belliloise. Le premier parc, Bretagne Sud 1 (AO5), est prévu à environ 19 kilomètres des côtes de l'île ; le second, Bretagne Sud 2 (AO9), doit s'inscrire dans une zone contiguë.

L'Union belliloise considère que cette proximité doit conduire à examiner non seulement les effets propres à chacun des projets, mais aussi le changement d'échelle que représenterait leur réalisation successive et leurs effets cumulés, sur le paysage comme sur les milieux marins et les usages de la mer.

1. Un enjeu paysager central

La hauteur des éoliennes envisagées et leur implantation à proximité de Belle-Île constituent un enjeu paysager majeur.

L'étude paysagère et patrimoniale réalisée pour l'État dans le cadre du projet Bretagne Sud analyse les paysages concernés et la perception de la zone d'implantation dans une aire étendue autour du projet. Elle identifie notamment Belle-Île, Houat et Hœdic parmi les territoires présentant des paysages littoraux de forte à très forte valeur et relève plusieurs sensibilités liées aux paysages maritimes ouverts, aux sites protégés et au patrimoine.

L'étude montre également que la perception du parc dépendra de la distance, des conditions météorologiques et des différents points d'observation. Des covisibilités sont notamment étudiées depuis plusieurs secteurs de Belle-Île.

Ces éléments ont d'ailleurs été pris en compte par l'État lors de la définition de la zone : celle-ci a été réduite et son périmètre éloigné jusqu'à 19 km des côtes de Belle-Île, notamment afin de limiter son emprise sur l'horizon maritime.

Une interrogation sur l’arbitrage final

Le diagnostic paysager met en évidence la forte sensibilité des paysages concernés. Le maintien d’une implantation à environ 19 kilomètres des côtes conduit dès lors à s’interroger sur le poids accordé à ces enjeux paysagers, explicitement identifiés dans l’étude, parmi les différents critères ayant conduit au choix final de la zone d’implantation.

Consulter l'étude paysagère et patrimoniale de l'État
Voir les photomontages et cartes du projet

II. Des effets sur les milieux marins encore inégalement documentés

Les projets s'inscrivent dans un environnement marin fréquenté par de nombreuses espèces d'oiseaux, de mammifères marins et de poissons, et utilisé notamment par la pêche professionnelle.

Les effets de l'éolien en mer sur les écosystèmes font aujourd'hui l'objet de nombreux travaux scientifiques. Le niveau de connaissance varie cependant fortement selon les effets considérés. Certaines pressions sont déjà bien documentées ; pour d'autres, les connaissances restent plus limitées, notamment lorsqu'il s'agit de l'éolien flottant commercial à grande échelle et des effets cumulés de plusieurs parcs.

Cette situation appelle donc à distinguer ce qui est aujourd'hui établi, ce qui reste incertain et ce qui doit encore être étudié, particulièrement dans le contexte du changement d'échelle représenté par les projets Bretagne Sud.

→  Études sur la mégafaune marine
Ce que dit — et ne dit pas encore — la science



III. Un changement d'échelle technologique

Le projet repose sur des éoliennes flottantes de très grande dimension. Si la technologie de l'éolien flottant bénéficie désormais de plusieurs années de retour d'expérience sur des démonstrateurs et des fermes pilotes, son déploiement dans des parcs commerciaux de cette puissance, avec des machines de cette dimension, constitue un changement d'échelle important.

Les retours d'expérience disponibles restent donc limités pour des installations comparables à celles envisagées en Bretagne Sud, tant par la taille des machines que par la puissance des parcs.

Sur la durée de vie des installations, une attention particulière doit notamment être portée au comportement des structures flottantes, des systèmes d'ancrage et des câbles dynamiques, ainsi qu'à leur maintenance et à leur résistance aux conditions météorologiques et océaniques rencontrées au large.

Pour l'Union belliloise, l'enjeu n'est donc pas l'absence de retour d'expérience sur l'éolien flottant, mais la transposition de ces acquis à des installations commerciales d'une tout autre échelle, conçues pour fonctionner pendant plusieurs décennies.

Éolien flottant : retour d'expérience

IV. AO5 et AO9 : la question des effets cumulés

La perspective d'un second parc, Bretagne Sud 2 (AO9), contigu à Bretagne Sud 1, change sensiblement l'échelle à laquelle le projet doit être appréhendé depuis Belle-Île.

Les effets des deux parcs doivent donc être examinés non seulement séparément, mais également dans leur combinaison : paysage et occupation de l'horizon maritime, biodiversité et fonctionnement des écosystèmes, usages professionnels de la mer, navigation, raccordements et autres infrastructures associées.

La prise en compte des effets cumulés est bien prévue dans les procédures environnementales. Une première évaluation a notamment été réalisée par RTE pour le raccordement ; selon les documents de l'État, elle doit être complétée par les évaluations réalisées dans le cadre des différents projets.

Pour l'Union belliloise, la question reste néanmoins essentielle : c'est l'ensemble formé par AO5, AO9 et leurs infrastructures associées qui déterminera, à terme, la transformation du secteur maritime situé au sud de Belle-Île.

Le point de vue de l'Union belliloise

Jean-Paul Bibes, membre de l'Union belliloise, a consacré une présentation à cette question et à la manière dont l'association analyse le changement d'échelle résultant de la juxtaposition des projets AO5 et AO9.

« Retour sur la conférence du 2 juillet 2025 : une soirée d’information et d’échanges »

V. Information du public et conditions de décision

Plusieurs demandes d’accès à des documents techniques, formulées par l’Union belliloise et ses partenaires dans le cadre des projets Bretagne Sud, sont restées sans réponse. Pour l’association, cette situation a limité la possibilité d’analyser certains aspects du projet à partir d’informations pleinement accessibles et susceptibles d’être discutées contradictoirement.

Par ailleurs, un recours introduit devant le Conseil d’État a été rejeté sans examen au fond. D’autres démarches et recours ont depuis été engagés par l’Union belliloise et ses partenaires.

Ces éléments conduisent l’association à s’interroger sur les conditions d’accès à l’information, la possibilité pour les acteurs locaux et associatifs de participer pleinement au débat et les voies dont ils disposent pour contester les décisions prises, dans le cadre de projets industriels de grande ampleur et aux effets durables pour les territoires concernés.

Pour l’Union belliloise, l’accès aux études, aux données environnementales et aux éléments ayant conduit aux choix d’implantation constitue donc un enjeu essentiel. Il doit permettre au public, aux collectivités et aux associations de comprendre les projets, d’en apprécier les conséquences et de participer de manière éclairée aux différentes étapes de la décision.

Les procédures évoluant dans le temps, les recours et démarches engagés par l’Union belliloise sont présentés et actualisés dans une rubrique spécifique.

Nos recours et communiqués
Bretagne Sud 2 : la procédure en cours




La position de l’Union belliloise

L’Union belliloise reconnaît la nécessité de la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables. Elle s’oppose toutefois aux projets éoliens flottants AO5 et AO9 tels qu’ils sont actuellement conçus et prévus au large de Belle-Île.
Cette opposition repose notamment sur plusieurs éléments développés dans ce dossier : :

  • l’ampleur de la transformation paysagère liée à l’implantation d’éoliennes de très grande hauteur à proximité d’un territoire insulaire dont la valeur paysagère et patrimoniale est reconnue ;

  • le changement d’échelle que représente la réalisation des deux parcs AO5 et AO9 et la nécessité d’en apprécier pleinement les effets cumulés ;

  • les incertitudes qui subsistent sur certains effets environnementaux, particulièrement dans le contexte de grands parcs éoliens flottants commerciaux ;

  • le retour d’expérience encore limité à une échelle comparable à celle des installations envisagées en Bretagne Sud ;

  • les conditions d’accès à l’information et aux documents nécessaires à l’évaluation des projets, qui constituent pour l’association un enjeu essentiel du débat public.

Au regard de l’ensemble de ces éléments, l’Union belliloise demande que les projets AO5 et AO9 dans leur configuration actuelle soient remis en cause. Elle considère qu’un projet de cette ampleur ne peut être justifié par les seuls objectifs de production énergétique sans que soient pleinement pris en compte les paysages, les écosystèmes marins, les usages de la mer et les conséquences durables pour Belle-Île.

L’association poursuivra son travail d’information et d’analyse ainsi que, lorsque cela lui paraît nécessaire, les actions et recours prévus par le droit.

Nos actions et recours
Consulter les sources et la documentation