Accueil > S’informer sur les éoliennes > Retour d’expérience
EOLIEN FLOTTANT : RETOUR D’EXPÉRIENCE
Qu’a-t-on réellement expérimenté ?
Quelle est aujourd’hui la maturité réelle de l’éolien flottant ?
De quel retour d’expérience dispose-t-on avant le développement de parcs de plusieurs centaines de mégawatts ?
L’éolien flottant connaît aujourd’hui un changement d’échelle majeur, des premiers démonstrateurs et fermes pilotes aux futurs parcs commerciaux.
Cette page revient sur ce qui a réellement été expérimenté en France, sur les enseignements déjà disponibles et sur leurs limites. Elle examine notamment ce que ces expériences permettent — ou ne permettent pas encore — d’établir avant le passage à des parcs de beaucoup plus grande échelle, avec une attention particulière portée aux projets de Bretagne Sud concernant directement Belle-Ile-en-Mer.
FLOATGEN
Une première éolienne flottante en conditions réelles
EN BREF
Floatgen est toujours en service et continue d’alimenter les études sur l’éolien mer.
Installée en 2018 sur le site d’essais SEM-REV, au large du Croisic, Floatgen est une éolienne flottante de 2 MW. Toujours en exploitation, sa phase d’essais doit se poursuivre jusqu’en 2027. Elle fournit un retour d’expérience en conditions réelles sur le flotteur, les ancrages, le raccordement, la maintenance et certains paramètres environnementaux.
Mais Floatgen reste un démonstrateur constitué d’une seule machine, et non un parc commercial. Les suivis et travaux de recherche menés depuis sa mise en service ont contribué, et continuent de contribuer, à documenter son fonctionnement et ses interactions avec l’environnement. Leur transposition à des parcs de beaucoup plus grande échelle constitue une question distincte.
GROIX & BELLE-ÎLE
Une ferme pilote qui n’a pas été construite
Le projet de ferme pilote de Groix & Belle-Île devait permettre de passer d’une éolienne expérimentale isolée à plusieurs éoliennes flottantes exploitées ensemble. Dans sa configuration finale, il prévoyait 3 éoliennes de 9,5 MW, soit 28,5 MW. Le raccordement électrique devait rejoindre le poste de Kerhellegant à Plouharnel.
Mais le projet a été arrêté avant sa construction : il n’existe donc aucun retour d’expérience d’exploitation au large de Belle-Île.
Les études réalisées pour la ferme pilote ont néanmoins produit des données environnementales ensuite valorisées pour le projet commercial Bretagne Sud. Selon l’État, les connaissances acquises par EOLFI, notamment sur l’avifaune et les mammifères marins, ont été utilisées par les candidats à l’AO5, l’État et RTE pour constituer l’état initial de l’environnement et préparer les études d’impact.
Ces données renseignent sur l’environnement avant implantation ; elles ne permettent pas d’observer les effets de plusieurs éoliennes flottantes en exploitation, leur évolution dans le temps ou leurs éventuels effets cumulés.
A NOTER
DONNÉES D’ÉTAT INITIAL ≠ DONNÉES D’IMPACT
Les premières renseignent sur le milieu avant implantation. Les secondes nécessitent d’observer ce qui se produit pendant et après la construction et la mise en exploitation.
LES FERMES PILOTES
Les premiers retours d’expérience à l’échelle de plusieurs machines
Après le démonstrateur Floatgen, constitué d’une seule éolienne de 2 MW, les fermes pilotes méditerranéennes marquent une nouvelle étape : celle de plusieurs éoliennes flottantes exploitées ensemble au sein d’une même installation.
Trois projets ont été développés : Provence Grand Large (PGL), EolMed et les Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion (EFGL). Ils mettent en œuvre différentes technologies de flotteurs et d’ancrage et permettent d’acquérir un retour d’expérience sur l’installation, le raccordement, l’exploitation et la maintenance de plusieurs machines.
Depuis juillet 2026, les trois fermes pilotes sont en exploitation. Provence Grand Large est entièrement en service depuis juin 2025, EolMed a atteint sa pleine puissance en mai 2026 et EFGL est entré en exploitation complète en juillet 2026.
Ce retour d’expérience à l’échelle de plusieurs machines est donc très récent. Il porte sur des fermes de 25 à 30 MW, une échelle encore très inférieure à celle des futurs parcs commerciaux de plusieurs centaines de mégawatts.
DU PILOTE AU PARC COMMERCIAL
Un changement d’échelle majeur
Le passage à l’échelle commerciale ne consiste pas seulement à installer des éoliennes plus puissantes. Il implique également une augmentation importante de la puissance totale, du nombre de machines, de l’emprise maritime et des infrastructures associées.
Le retour d’expérience français est ainsi passé d’une éolienne de 2 MW à des fermes pilotes de 25 à 30 MW. Les projets commerciaux de Bretagne Sud portent, eux, sur 250 MW pour Pennavel et 400 à 550 MW pour Bretagne Sud 2.
A NOTER !
Le changement d’échelle ne se mesure pas seulement à la hauteur des éoliennes. Il concerne aussi la puissance du parc, le nombre de machines, l’emprise maritime, les infrastructures associées et les effets cumulés.
QUE PEUT-ON EN CONCLURE ?
Des enseignements réels, mais encore partiels
Les démonstrateurs et fermes pilotes apportent des retours d’expérience concrets sur les flotteurs, les ancrages, le raccordement, l’exploitation, la maintenance et certains suivis environnementaux.
Mais ces enseignements ont été acquis à une échelle bien inférieure à celle des futurs parcs commerciaux. Leur transposition à plusieurs dizaines d’éoliennes et plusieurs centaines de mégawatts reste donc à apprécier, notamment pour les effets cumulés et à long terme sur les milieux marins, l’avifaune et le paysage.
→ Voir aussi : Ce que dit — et ne dit pas encore — la science
A RETENIR !
Le retour d’expérience existe. La question n’est pas de savoir s’il existe, mais jusqu’où il peut être extrapolé au changement d’échelle aujourd’hui envisagé.
En Bretagne Sud, le passage du démonstrateur aux parcs commerciaux ne correspond pas à la simple reproduction d’une expérience déjà acquise à la même échelle.
Floatgen concerne une seule éolienne de 2 MW et la ferme pilote de Groix & Belle-Île n’a pas été construite. Le retour d’expérience français à l’échelle de plusieurs machines provient aujourd’hui principalement des trois fermes pilotes méditerranéennes, d’une puissance de 25 à 30 MW chacune.
Pennavel (250 MW) et Bretagne Sud 2 (400 à 550 MW) marquent ainsi le passage à des projets d’une tout autre échelle.
BRETAGNE SUD
Du démonstrateur aux parcs commerciaux