QUI SOUTIENT, QUI CONTESTE ?

Développeurs, industriels, professionnels de la pêche, associations de protection de l’environnement, collectifs d’opposants, collectivités…les acteurs intervenant autour des projets éoliens en mer sont très différents. Ilq ne parlent ni au même titre, ni avec les mêmes objectifs. Certains portent les projets, d’autres participent aux études ou à la concertation, défendent un usage de la mer ou alertent sur leurs conséquences.

Connaître leur rôle et leurs positions permet de mieux comprendre les informations qu’ils publient ainsi que les controverses qui entourent les projets.

CEUX QUI PORTENT LES PROJETS

Les développeurs : des informations de première main

Les développeurs disposent généralement des informations les plus précises sur leurs propres projets : caractéristiques techniques, choix des éoliennes et des flotteurs, calendrier, travaux prévus, production attendue ou études réalisées en vue des autorisations.

Pour le premier parc de Bretagne Sud, le projet est porté par Pennavel, consortium lauréat de l’appel d’offres AO5 en mai 2024. Pour Bretagne Sud 2, les candidats interviennent dans le cadre de l’AO10.

Ces publications constituent donc des sources de première main, mais elles émanent d’acteurs directement intéressés à la réalisation des projets. Une étude commandée par un développeur n’est pas à écarter pour cette raison : il faut identifier qui l’a commandée, financée et réalisée, puis, lorsque c’est possible, confronter ses conclusions aux travaux scientifiques et aux avis des autorités compétentes.

Pennavel — site du projet Bretagne Sud (AO5)
Pennavel — page consacrée à l’AO10
Éoliennes en mer — portail national, AO10


LA PÊCHE : UN ACTEUR DIRECTEMENT CONCERNÉ

Le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne (CRPMEM) représente les intérêts des professionnels bretons de la pêche et de l’aquaculture.

Sa position permet aussi de comprendre que le débat ne se résume pas à une opposition permanente entre « pour » et « contre ». Les représentants de la pêche ont participé en 2020 à la recherche d’une zone de moindre contrainte pour Bretagne Sud. Ils contestent en revanche fortement aujourd’hui la zone Bretagne Nord-Ouest.

Le CRPMEM constitue donc une source essentielle pour connaître directement la position des professionnels de la pêche, plutôt que par l’intermédiaire de l’État, des développeurs ou des médias

Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne (CRPMEM)


LES ASSOCIATIONS DE PROTECTION DE LA NATURE

Toutes les associations environnementales n’adoptent pas nécessairement la même position sur l’éolien en mer.

Bretagne Vivante dispose d’une importante expérience naturaliste régionale, notamment sur les oiseaux, les habitats et la biodiversité. Ses observations et données peuvent être précieuses, mais elles émanent d’une association dont l’objet est la protection de la nature et non d’un organisme public d’expertise indépendant.

Association environnementale ≠ expertise scientifique indépendante

La LPO intervient notamment sur les enjeux liés à l’avifaune : collisions, modification des trajectoires, effet barrière et effets cumulés sur les populations. Ses publications permettent d’identifier des points de vigilance, qui doivent ensuite être confrontés aux études et données scientifiques auxquelles elles se réfèrent.

Bretagne Vivante
Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)


LES ASSOCIATIONS ET COLLECTIFS QUI CONTESTENT LES PROJETS

Plusieurs associations et collectifs contestent les projets éoliens en mer au large de la Bretagne. Leurs arguments portent notamment sur les paysages et le patrimoine, la biodiversité, la pêche, le tourisme, les choix techniques ou encore le coût des projets.

  • En Bretagne Sud

L’Union belliloise est membre de la Fédération de protection et d’aménagement de la baie de Quiberon, des îles et du grand site dunaire, qui réunit des associations de protection de l’environnement et du patrimoine de Bretagne Sud.

D’autres associations et collectifs suivent les projets éoliens et leurs procédures, notamment Les Gardiens du Large et Gens de Bretagne.

  • Des sources engagées à confronter

Ces associations et collectifs permettent de retrouver les objections formulées contre les projets et les documents sur lesquels elles s’appuient. Parce qu’ils sont engagés dans la controverse, leurs affirmations factuelles doivent être vérifiées dans les sources primaires ou scientifiques, comme celles des organisations favorables au développement de l’éolien en mer.

Fédération de protection et d’aménagement de la baie de Quiberon, des îles et du grand site dunaireLes Gardiens du Large
Les Gardiens du Large
Gens de Bretagne — Éoliennes

À RETENIR

Une source engagée n’est pas nécessairement une source erronée.
Il faut identifier ce qu’elle affirme, retrouver les documents sur lesquels elle s’appuie et confronter ces informations aux sources primaires et scientifiques.