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EOLIEN FLOTTANT : ETAT DES CONNAISSANCES
Ce que dit — et ne dit pas encore — la science
Les effets de l’éolien en mer sur les écosystèmes marins font l’objet d’un nombre croissant de travaux scientifiques. Ces recherches permettent aujourd’hui d’identifier certains effets documentés, mais elles mettent également en évidence des incertitudes et des lacunes de connaissances, notamment pour l’éolien flottant, encore beaucoup moins déployé que l’éolien posé, et pour les effets cumulés de plusieurs projets et activités humaines.
Cette page rassemble quelques-unes des principales sources scientifiques et institutionnelles permettant de distinguer ce qui est aujourd’hui établi de ce qui reste encore à étudier.
CNRS et Ifremer
Un point sur ce que la science sait… et ne sait pas encore
À la demande des ministères chargés de l'énergie, de la transition écologique et de la mer, le CNRS et l'Ifremer ont conduit entre 2024 et 2026 une Expertise scientifique collective (ESCo) sur les effets des parcs éoliens en mer et de leurs raccordements sur la biodiversité marine et les socio-écosystèmes côtiers.
Réalisée par un collectif pluridisciplinaire de chercheurs à partir de la littérature scientifique internationale, elle permet de distinguer les effets déjà documentés, les incertitudes qui subsistent et les besoins de recherche.
Pour les projets qui concernent Belle-Île, une limite est particulièrement importante : une grande partie des connaissances disponibles provient de régions où l'éolien en mer est développé depuis plus longtemps et repose majoritairement sur des technologies posées.
Ces résultats ne peuvent donc pas tous être transposés directement à l'éolien flottant et aux milieux marins français.
L'ESCo constitue ainsi une référence pour éviter deux conclusions opposées : considérer que l'on ne sait rien des effets de l'éolien en mer, ou supposer que toutes les questions sont déjà résolues.
L’éolien flottant
Un recul scientifique encore insuffisant sur certains effets
L'éolien flottant se développe aujourd'hui plus rapidement que le recul scientifique disponible sur ses effets à long terme.
Une grande partie des connaissances sur l'éolien en mer provient de parcs posés exploités depuis plusieurs années en Europe du Nord. Leur transposition aux futurs parcs flottants doit donc être examinée avec prudence.
Le flottant introduit en outre des dispositifs spécifiques — flotteurs, lignes d'ancrage et de mouillage, câbles électriques dynamiques — susceptibles d'interagir différemment avec le milieu marin.
Plusieurs questions font ainsi toujours l'objet de recherches : effets acoustiques, interactions avec certaines espèces, écosystèmes pélagiques ou encore conséquences à long terme.
Les connaissances ne sont donc pas inexistantes, mais elles restent inégales selon les effets, les espèces, les milieux et les technologies étudiés.
→ Pour savoir ce qui a réellement été expérimenté en conditions réelles : “Retour d’expérience — Qu’a-t-on réellement expérimenté ?”
Office français de la biodiversité (OFB)
Connaître la biodiversité marine et mieux évaluer les impacts
L’Office français de la biodiversité (OFB) est un établissement public qui contribue à la connaissance et à la protection de la biodiversité. En mer, il coordonne ou finance des suivis sur les espèces et les habitats et apporte son expertise aux politiques publiques. En Bretagne, ces suivis alimentent notamment l’Observatoire national de l’éolien en mer.
Pour l’éolien en mer, l’OFB a également publié un référentiel consacré à la préservation de l’environnement marin, qui rassemble les connaissances disponibles sur les pressions et les risques d’impact sur les écosystèmes et présente des préconisations pour éviter, réduire ou compenser ces effets.
Conseil national de la protection de la nature (CNPN)
Une expertise sur les enjeux de protection de la biodiversité
Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) est une instance nationale d’expertise scientifique et technique compétente en matière de protection de la biodiversité. Il est consulté sur certains projets susceptibles d’affecter des espèces ou des habitats protégés et rend des avis publics.
Dans le domaine de l’éolien en mer, ses avis permettent notamment d’examiner les risques pour les espèces et les habitats, la qualité de l’évaluation des impacts et la pertinence des mesures d’évitement, de réduction et de compensation. Le CNPN ne décide pas de l’autorisation du projet : il apporte une expertise destinée à éclairer la décision publique.
Les effets cumulés
Un enjeu encore difficile à évaluer
Avec la multiplication des projets éoliens en mer, il ne suffit plus d’examiner chaque parc isolément. Il faut également évaluer ce que plusieurs parcs, ajoutés aux autres pressions déjà présentes, peuvent produire ensemble sur les mêmes espèces et les mêmes écosystèmes.
C’est l’objet du GT ECUME, mis en place par l’État pour développer des méthodes d’évaluation des effets cumulés. Plusieurs programmes portent notamment sur le bruit sous-marin, les habitats benthiques ou les oiseaux marins.
Pourquoi cela concerne Belle-Île ?
Cette question prend une importance particulière avec le développement successif de plusieurs projets éoliens en Bretagne et la planification de nouvelles zones sur la façade Nord Atlantique–Manche Ouest.
Elle n’est donc plus seulement « quels seront les effets de chaque parc ? », mais aussi « quels effets plusieurs projets peuvent-ils produire ensemble, dans l’espace et dans le temps ? »